Olivier |
Dublin : Vendredi 21 mars
God Friday, (ou Vendredi Saint),
j’émerge difficilement forcé par la répétitive sonnerie de mon portable
programmé pour un réveil à 7h45. A 9h30 un bus décolle de Dublin pour Limerick
ou je suis attendu par mes compères ISTiens pour notre excursion Connemarienne.
Mon sac est prêt depuis la veille, je file donc vers la bathroom, enfile le
grand sac poubelle destiné à protéger mon plâtre d’une submersion dévastatrice,
prend ma douche, fini de me préparer, et descend vers 8h20 au rez-de-chaussée
ou je dégaine mon portable pour appeler un taxi. A 9h je suis à la gare routière,
Busàràsas Station, je commande mes ticket, puis file investir dans un Mars duo
et un Pepsi qui feront l’objet de mon ravitaillement matinal. Je monte dans le
bus, m’installe à la première place derrière le chauffeur, en calculant bien de
pouvoir étendre ma patte malade dans le couloir. Le gars à coté est un Irish,
représentant dans l’immobilier qui connaît bien Nice pour y travailler de temps
en temps. Il essaye de me parler français, je lui réponds en Anglais…
- La première est conduite par Anais, pilote chevronnée redécouvrant les joies de la mouvance tractée, accompagnée de notre TomTom national, maître de la carte, le navigateur que les océans redoutent et les mouettes encore plus, j’ai nommé Pierrot. Le tandem Mathieu-Mathieu est en seconde ligne.
- Céci Hakkinen, ou plutôt Heineken (mais la, c’est plus flippant pour un chauffeur), prend les reines de notre voiture. Je me place en co-pilote avec la délicate tâche d’ouvrir les bonbons à la fraise, qui resteront un élément mythique parmi d’autres de ce voyage. Derrière, la très charmante paire Chloé-Honora.
Après une heure et demi de route, on s’arrête à Galway, pour une escale mi-parcours. Cette ville, d’environ 70 000 habitants, est l’une des principales du pays, après Dublin et Cork. It’s lovely !!! On arrive à se garer, pas trop-trop loin du centre ville que l’on rejoint au rythme du cling-cling de mes béquilles qui heurtent le sol de ce territoire inconnu. On veut prendre un café… Il est 18h, tout ferme. Allons dans un pub : Impossible, tout est fermé. Ici, pas d’alcool pour un God Friday, donc pas de pub ouvert. On se réfugie donc dans le seul endroit potentiellement capable de nous « servir » quelque chose qui à défaut d’être un café se targue d’y ressembler, et qui propose en son sein de quoi soulager dame nature. Nous nous posons donc chez Ronald ! Céci, en bon contestataire de cette structure Americanisante et refusant toute corruption de son esprit indépendant fit valdinguer son café, encore quasi plein… Merde, c’est ça qui était censé l’empêcher de dormir au volant ! On retourne à la voiture, et on repart sur la route toute la sainte soirée…
On continu notre trajet
automobile. On ne voit pas grand-chose par la fenêtre depuis que le soleil a
laissé place à la lune, pleine et scintillante de mille rayons nocturnes qui se
reflètent sur l’eau noire des premiers lacs. Magnifique, mais inquiétant, même
troublant : deux voitures d’étudiants s’enfonçant dans une lande de plus
en plus désertique, un soir de pleine lune… Dans la mienne commencent à s’échanger
de nombreuses vannes paranormales… La tension est palpable : Si on tombe
en paaaaanne ? Si on fini dans le fossé à cause de la dame blanche ? Qu’est ce qui va nous arrivééééééééer ?
Pit-être les loups y vont nous manger, et pit-être les ours aussi !!!
Heureusement Chloé nous rassure, « Ya pas d’ours au Connemara !!! ».
Pas si sur, si les ours roux avec des tâches de rousseur existent, ils ne
peuvent vivre qu’ici !!!
On rejoint ensuite le reste du
groupe. On a prévu de casser la croûte (de notre pain de mie) au bord d’une
plage. Sur la route sinueuse aux bas chaussés accidentés, la performance de nos
pilotes est mise à rude épreuve. C’est d’ailleurs sur le bas chaussé qu’un
couple nous fait des signes pour nous arrêter… La première voiture passe, nous
on s’arrête (…) ! Le couple nous explique qu’ils sont embourbés. Ils nous
entendent parler français, ça tombe bien eux le sont aussi ! Ils sont
complètement embourbés et dans le caca (c’est le cas de dire) si on ne les
aides pas… Parce que niveau perdu au fin fond de la lande, c’est ce qu’on fait
de mieux. Je les rassure en disant qu’on va les aider, et les dérassure, en
montrant que notre voiture de 4 accueille deux demoiselles, et que ma présence
n’est que fictive, sauf s’ils ont besoin de deux bras de levier en
aluminium ! Céci, sort pour tenter de faire quelques choses. Le sol est
tellement meuble que mes béquilles s’enfoncent. J’appelle donc la première
voiture. Pierrot et les deux Mathieu viennent à la rescousse. Grand Mathieu
ruine sont fute et ses pompes par la projection de boue de la roue avant
gauche, motrice, qui a déjà fait un beau trou. Ils réessayent, dégagent enfin
la voiture, pour s’entendre dire par la nana aux commandes, qu’elle avait
oublié de retirer le frein à main. Dans l’action l’entrejambe du jean de
Pierrot lâcha, et Céci tâta le fond du trou réalisé par la roue de sa belle
Asics, toute sèche qu’il avait réussi à préserver de la rendo.
On rentre donc déjeuner à
l’auberge pour laisser ces malheureux se changer. On part découvrir ensuite la
côte et son paysage si différent des fjords et des montagnes. On recherche tant
bien que mal un petit supermarché pour compléter nos réserves de nourriture.
Dans celui-ci pas grands chose. On reviens ensuite préparer le festin de cette
nuit Pascale : Au menu, pomme de terre en robes des champs accompagné de
son beurres demi-sel…
(J’en profite pour
valider le résultat d’un débat entre Pierrot et Anaïs sur la signification de
Pomme de terre en robe des champs. Verdict, vous avez tous les deux
raisons : ça désigne bien les patates à l’eau, comme le disait Pierrot,
mais aussi les Patates en papillote comme le disait Anaïs)…
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